Cantin, S., & Boivin, M. (2005). Les parents et le groupe de pairs comme sources potentielles de soutien lors de la transition scolaire primaire-secondaire. Revue de Psychoéducation, 34(1), 1-19.

Cette étude vise à mettre en évidence la contribution des parents, des camarades d'école et de ceux fréquentés à l'extérieur du milieu scolaire comme sources potentielles de soutien social au moment de la transition scolaire primaire-secondaire. Deux cents élèves de sixième année du primaire constituent l'échantillon de base de cette étude (104 filles, 96 garçons). Des données relatives au réseau de soutien social et aux perceptions de soi des élèves ont été recueillies à quatre reprises sur une période de deux ans soit: à la fin de la sixième année du primaire, au début du secondaire et à la fin des deux premières années du secondaire. Les résultats indiquent que le groupe de pairs et les parents sont susceptibles d'influencer de manière différenciée le développement des perceptions de soi au début de l'adolescence. L'association entre les mesures de réseaux et les perceptions de soi des élèves s'avère plus importante lors de la première année du secondaire, c'est-à-dire au moment même où les ressources adaptatives des élèves sont susceptibles d'être le plus fortement sollicitées. Contrairement à ce qui était attendu, l'aspect fonctionnel et la qualité des relations de soutien ne sont pas associées aux changements observés sur le profil de perceptions de soi en période de transition. Seule la structure des réseaux permet de rendre compte des changements observés.

 

Gaudet, J., Devault, A., & Bouchard, C. (2005). Le maintien de l'exercice du rôle paternel après une rupture conjugale: obstacle et facilitateurs. Revue de Psychoéducation, 34(1), 21-40.

Des études récentes montrent que quelques années après un divorce ou une séparation, un nombre important de pères sont absents de la vie de leur enfant ou très peu impliqués dans leur éducation. En raison de ce problème social, quelques chercheurs en sciences humaines et sociales ont tenté de mieux comprendre ce phénomène et d'identifier les variables associées à l'engagement ou au désengagement des pères. Étant donné qu'un nombre croissant d'études ont porté sur cette question au cours des dernières années, nous porposons d'en faire une synthèse et d'identifier plus spécifiquement les variables associées au maintien de l'engagement des pères divorcés. L'analyse des écrits indique que certaines variables influencent différemment le maintien de l'engagement paternel post-divorce selon les contextes. Les variables les plus documentées sont: le degré d'implication et d,attachement du père envers ses enfants avant la rupture, son adaptation psychologique post-rupture, ses arrangements de garde, ses revenus, l'intensité avec laquelle il s'identifie à son rôle parentale, le soutien social dont il bénéficie et la qualité de la relation entre les ex-conjoints. Les auteurs proposent en conclusion des pistes de recherche pour contribuer à l'avancement des connaissances dans le domaine.

 

Manseau, H., Blais, M., & Turcotte, M. (2005). L'importance d'une approche qualitative pour faire voir et prévoir les difficultés d'implantation d'un progamme de prévention: l'expérience de formation en Centre jeunesse Entraînement à l'amour-propre. Revue de Psychoéducation, 34(1), 41-56.

Plusieurs recherches en éducation font valoir l'importance de la formation des éducateurs et de la prise en compte des éléments contextuels susceptibles d'influencer l'intégrité de la mise en oeuvre des progammes. En regard de ces éléments, une expérience de formation d'éducateurs en Centre jeunesse préalable à la mise en oeuvre d'un programme de prévention des grossesses chez des adolescentes en internat a été réalisée. Cet article en présente une évaluation basée sur une approche qualitative qui vise à décrire et à comprendre quatre dimensions: le déroulement et l'atteinte des objectifs de formation, les obstacles soulevés et les façons dont ils ont été levés, la satisfaction des éducateurs impliqués et l'utilité de la formation pour la mise en oeuvre subséquente du programme de prévention. Afin d'atteindre ces objectifs d'évaluation, des données qualitatives (enregistrements, notes d'observation, questionnaires semi-dirigés et non-dirigés_ ont été recueillies sur ces dimensions durant tout le déroulement de la formation. Notre analyse des données recueillies fait ressortir l'importance de la concertation entre les acteurs impliqués, l'ancrage aux pratiques du milieu et la valorisation professionnelle comme étant des facteurs clés pouvant permettre d'atténuer les tensions associées aux changements des représentations et des pratiques d'éducation sexuelle dans l'établissement. L'observation et l'analyse de l'expérience permettent également de constater que plusieurs facteurs irritants sont à prendre en considération dans la formation d'éducateurs et les phases préalables à la mise en oeuvre d'un programme de prévention.



Lemétayer, F., & Kraemer, D. (2005). Contexte scolaire et estime de soi à l'adolescence: étude comparative entre adolescents non déficients et adolescents présentant une déficience intellectuelle légère. Revue de Psychoéducation, 34(1), 57-70.

Cette étude vise à analyser l'impact du contexte scolaire sur l'estime de soi au cours de l'adolescence. Plus spécifiquement, elle cherche à vérifier si, comparativement aux adolescents non déficients scolarisés dans des classes "ordinaires", les difficultés scolaires des adolescents insérés dans des classes spécialisées influent sur l'estime de soi. En outre, elle a pour but de vérifier s'il existe, dans les deux populations étudiées, une différence entre garçons et filles en ce qui concerne le degré de satisfaction de soi. Dans cette perspective d'analyse, l'Echelle Toulousaine d'Estime de Soi (ETES) a été proposée à 60 adolescents: 30 adolescents non déficients provenant de classe "ordinaire" et 30 adolescents présentant une déficience intellectuelle légère scolarisés en classe d'enseignement spécial. Les résultats obtenus mettent en évidence certaines différences entre les deux populations: les scores des adolescents présentant une déficience intellectuelle légère sont en effet significativement supérieurs à ceux des adolescents non déficients, de façon générale (estime globale de soi) et relativement à certains domaines spécifiques (estime de soi scolaire et physique). Par contre, l'analyse des scores entre garçons et filles n'a révélé qu'une "supériorité" des scores relatifs au soi physique chez les garçons non déficients, et au soi émotionnel chez les garçons présentant une déficience intellectuelle. La discussion analyse la portée de cette étude et ses implications quant au rôle du contexte scolaire sur le vécu des difficultés scolaires au cours de l'adolescence.

 

Pakzad, S., & Rogé, B. (2005). Estime de soi et dyslexie développementale. Revue de Psychoéducation, 34(1), 71-92.

La présente étude porte sur l'évaluation des différentes dimensions de la mesure d'estime de soi chez les dyslexiques et non-dyslexiques (N=96), en utilisant la version française de Perceived Competence Scale for Children (PCSC) de Harter. Notre échantillon comprend 33 enfants dyslexiques, 31 enfants en difficulté scolaire et 32 enfants ayant de bonnes performances scolaire, appariés sur les critères de l'âge et du niveau scolaire. Ils ont été testés pour les dimensions cognitive, sociale, physique et générale de l'estime de soi de ce test. La lecture des questions se fait par l'adulte, l'enfant dispose d'une liste de cases à cocher et il a quatre possibilités de réponse pour chaque question. Une analyse de la variance multivariée (MANOVA) suivie des nanalyses post hoc (Tukey) ont été menées. Les résultats montrent que les dyslexiques s'estiment aussi compétents que les deux autres groupes d'enfants pour les dimensions physique, sociale et générale. Ils ont par contre une faible estime de soi cognitive par rapport aux deux autres groupes d'enfants. Ce qui révèle une perception très défavorable de leur intelligence due à leurs difficultés en lecture. Les enfants en difficulté scolaire s'estiment aussi compétents que les enfants ayant de bonnes performances scolaires, quelle que soit la dimension envisagée.

 

Lavigueur, S., Coutu, S., & Desjardins, C. (2005). Le trouble de déficit de l'attention/hyperactivité, sa nature et son traitement: une recension des différents points de vue. Revue de Psychoéducation, 34(1), 93-117.

Après avoir évoqué le débat social qui entoure l'épineuse question du trouble de déficit de l'attention/hyperactivité (TDAH), l'article passe en revue les principaux documents et études qui présentent différents points de vue sur la nature et le traitement de cette problématique. On y aborde successivement: (a) le point de vue des chercheurs et l'état actuel des connaissances scientifiques sur l'étiologie et le traitement comparé du TDAH; (b) les documents d'orientation publiés par les gouvernements et les associations professionnelles quant aux pratiques à privilégier; et, (c) les résultats des études qui se sont penchées sur la perception qu'ont les parents, les enfants et les enseignants sur cette même réalité, notamment au chapitre des facteurs responsables (hérédité, dysfonction neurophysiologique, approche éducative, Rôle des sucres et des diètes, motivation de l'enfant, contexte social ou scolaire) et des différentes modalités d'intervention (thérapie comportementale, traitement pharmacologique, approche multimodale). Quelques pistes d'action qui se dégagent des différents points de vue recensés sont ensuite présentées à l'intention des intervenants psychosiciaux qui accompagnent l'enfant, le parent ou l'enseignant dans le contexte du TDAH.

 

Van Gijseghem, H. (2005). Les controverses entourant la notion de l'aliénation parentale. Revue de Psychoéducation, 34(1), 119-129.

Le concept de l'Aliénation Parentale ne fait pas l'unanimité. Même s'il est décrit (bien que pas nécessairement nommé) depuis des décennies, il n'a pas pleinement gagné ses lettres de créance. Le concept est en effet décrié par des groupes de pression qui y voient un autre moyen utilisé par des experts partiaux pour "défendre les pères inadéquats sinon incestueux". Dans cette contribution, l'auteur traite d'un nombre de controverses et tente d'objectiver un débat devenu par trop émotif .

 

Dionne, A.-M., Saint-Laurent, L., & Giasson, J. (2005). Analyse des interactions entre le parent faiblement scolarisé et son enfant lors de la lecture. Revue de Psychoéducation, 34(2), 175-190.

Cette étude s'intéresse aux stratégies d'intervention des parents faiblement scolarisés suite aux méprises et aux blocages de leur enfant de 1ère année pendant la lecture à voix haute, ainsi qu'au niveau d'étayage qu'ils démontent lors d'une telle activité. Un échantillon composé de 42 dyades parent-enfant ont participé à cette recherche. Des analyses effectuées à partir d'enregistrement vidéo dans lesquelles l'enfant fait la lecture à l'un de ses parents ont permis de faire des comparaisons entre trois groupes de parents selon leur niveau de scolarité. Les résultats suggèrent que les parents faiblement scolarisés ne se distinguent pas de façon significative des parents ayant terminé le secondaire ou des études professionnelles quant aux stratégies d'intervention et au niveau d'étayage. Toutefois, ils se distinguent des parents ayant entrepris ou complété des études collégiales ou universitaires. Face aux méprises et aux blocages de l'enfant, les parents faiblement scolarisés interviennent souvent en l'orientant vers le décodage alors que les parents ayant des études post-secondaires interviennent davantage en signalant l'erreur ou en reconnaissant le blocage. Par ailleurs, les parents faiblement scolarisés offrent à leur enfant un étayage de moindre qualité que les parents ayant un niveau d'étude post-secondaire. Les stratégies d'intervention des parents, de même que la qualité de l'étayage offert sont associées aux compétences en lecture de leur enfant.

 

Toupin, J., Pauzé, R., & Déry, M. (2005). Les services des Centres jeunesse offerts aux adolescents ayant des troubles de comportement: I. Associations avec les difficultés des jeunes et des familles. Revue de Psychoéducation, 34(2), 191-213.

La fréquence des troubles de comportement chez les adolescents, leur stabilité relative, de même que la récurrence de l'utilisation de services dans les Centres jeunesse pour un sous-groupe de jeunes et de familles suggèrent de mieux connaître les services mis à la disposition des jeunes et des familles. Il est en effet opportun de vérifier la correspondance entre divers types de prise en charge en Centre jeunesse(suivi externe, placement en famille d'accueil, placement en centre de réadaptation) et les difficultés des jeunes et des familles. L'échantillon à l'étude est composé de 92 adolescents référés dans un Centre jeunesse du Québec pour trouble de comportement en vertu de la Loi de la Protection de la Jeunesse. Trois groupes sont formés selon l'intervention principale offerte au cours des trois premiers mois: suivi externe (n = 24), placement en famille d'accueil (n = 20), placement en centre d'accueil (n = 48). Les résultats établissent que les adolescents placés en centre d'accueil de réadaptation font plus souvent l'objet de mesures non volontaires, affirment avoir une moins bonne relation avec leur mère et sont plus susceptibles de s'opposer et d'avoir une consommation abusive d'alcool. Toutefois, les écarts entre les groupes sur ces dimensions sont modestes et ne semblent pas à eux seuls capables d'expliquer les types d'intervention reçus. On constate en effet plus de ressemblances que de différences entre les groupes tant au plan de la fréquence de divers troubles mentaux, que des caractéristiques des parents et des famille. Ces résultats soulèvent des questions sur les éléments qui guident les Centres jeunesse dans l'offre des services.



Toupin, J., Déry, M., & Pauzé, R. (2005). Les services des Centres jeunesse offerts aux adolescents ayant des troubles de comportement: II. Évolution des jeunes et des familles une année plus tard. Revue de Psychoéducation, 34(2), 215-231.

Un nombre réduit d'études a évalué la réduction des difficultés chez les jeunes et les familles suite à la réception de services dans les Centres jeunesse au Québec. De telles études sont pourtant utiles pour identifier les effets potentiellement attribuables à l'intervention, de même que pour vérifier si l'intensité des services reçus est associée à la diminution des difficultés. Cette étude décrit les services reçus par des adolescents (12-17 ans) et leur famille au cours d'une année en Centre jeunesse, puis trace l'évolution des difficultés en lien avec l'intensité des services. L'échantillon est composé de 61 jeunes référés pour troubles de comportement en vertu de la Loi de la protection de la jeunesse (article 38H). Les résultats de la recherche suggèrent des changements significatifs dans les difficultés des adolescents une année plus tard, soit une diminution de l'opposition et de l'agression, des troubles de la conduite et de la délinquance. Des changements plus modestes sont également observés au plan du fonctionnement familial et de l'amélioration des relations parent-jeune. Toutefois, ces changements sont peu associés à l'intensité des services dispensés par les Centres jeunesse, du moins sur une période d'une année. Des recommandations sont formulées pour la poursuite des recherches sur ce thème.

 

Bennacer, H. (2005). Le climat social de la classe: élaboration d'une échelle adaptée aux collégiens français et prédiction de la performance scolaire. Revue de Psychoéducation, 34(2), 233-263.

Cette recherche présente l'élaboration de "l'Échelle du climat social de la classe" (ÉCC), qui constitue le résultat d'une adaptation française, auprès de 1502 élèves, du «Classroom Environment Scale» de Moos et Trickett (1987). Les indices de fidélité (cohérence interne, stabilité temporelle) et de validité discriminante des sous-échelles se montrent satisfaisants. Les résultats indiquent que le climat de la classe peut être considéré comme variables dépendantes (des caractéristiques physico-environnementales) et indépendantes (de la performance scolaire). Cette étude prouve que les évaluations scolaire et pédagogique diffèrent selon le climat. Elle permet de relever bon nombre d'interactions entre des paires de variables se rapportant à celui-ci et aux caractéristiques personnelles. Des implications pratiques ont été tirées pour améliorer la performance scolaire.

 

Poirier, N., Paquet, A., Giroux, N., & Forget, J. (2005). L'inclusion scolaire des enfants autistes. Revue de Psychoéducation, 34(2), 265-286.

L'intégration des enfants atteints d'un trouble envahissant du développement (TED) en classe "ordinaire", notamment celle des enfants de moyen ou de bas niveau de fonctionnement, n'est pas une problématique très étudiée. Une première raison de cet état de choses tient à la prédominance en milieu scolaire du modèle TEACCH reposant sur la formule de la classe spéciale. De plus, les études sur le mainstreaming des enfants handicapés par l'autisme font souvent partie de recherches sur l'intégration des élèves présentant un retard mental; les deux clientèles sont alors assimilées l'une à l'autre. Toutefois, en dépit de leurs difficultés propres, les enfants autistes, sous certaines conditions, bénéficient d'intégration. L'une de ces conditions concerne le degré d'adaptation du programme de la classe requis par l'enfant. Une autre concerne les enseignants d'intégration: Ils doivent recevoir une formation. Il faut aussi préparer l'enfant à cette expérience par un programme d'intervention précoce intensive. Des mesures d'accompagnement sont également requises, une fois l'intégration faite dans la classe ordinaire. Ce texte décrit les pratiques qui ont cours en Amérique du Nord.

 

Plourde, C. Brochu, S., White, D., & Couvrette, A. (2005). La réduction des méfaits en contexte carcéral québécois et canadien: tour d'horizon des pratiques connues. Revue de Psychoéducation, 34(2), 287-300.

Bon nombre de consommateurs de substances psychoactives se retrouvent dans les institutions carcérales québécoises et canadiennes. Or, leur consommation ne s'arrête pas nécessairement avec l'incarcération. Les taux de prévalence de consommation en prison et en pénitencier en témoignent. Aux prises avec les méfaits qui y sont associés (propagation des maladies virales, intoxication, etc.), les autorités pénitentiaires et de santé publique sont priées de trouver une réponse appropriée. En communauté, les pratiques de réduction des méfaits ont déjà démontré des résultats positifs au-delà de l'amélioration des comportements à risque. Toutefois, est-il possible d'adopter, dans un contexte carcéral, une approche visant à atténuer les méfaits associés à la consommation de drogue plutôt que de prôner l'abstinence totale de toute drogue? Cet article tente une réponse à cette question en se basant sur un bref survol international des mesures adoptées en prison, mais plus spécifiquement en analysant celles entérinées à l'intérieur des murs québécois et canadiens. Il en ressort qu'une concertation entre les différentes instances correctionnelles, judiciaires et de santé publique s'avère essentielle dans l'adoption de mesures de réduction des méfaits et que doivent s'arrimer les soins pré-post et carcéraux.

 

Jalbert, J., & Pagani, L. (2005). La composante parentale d'un programme d'éveil aux mathématiques destiné aux enfants de milieu socioéconomiquement faible au cours de la prématernelle représente-t-elle une valeur ajoutée? Revue de Psychoéducation, 34(2), 301-329.

De nombreux parents de milieu socioéconomiquement faible tendent à offrir à leur jeune enfant très peu de soutien dans le développement des habilités numériques. En conséquence, une vaste proportion de ces enfants risquent de ne pas avoir acquis une représentation intuitive des nombres quand ils arrivent au primaire, ce qui joue en défaveur des apprentissages scolaires. Nous avons évalué la valeur ajoutée d'un volet parental à un programme d'éveil aux mathématiques qui vise à stimuler l'intégration des concepts préalables à l'apprentissage des mathématiques chez les enfants de la prématernelle. Les résultats indiquent que les enfants ayant à la fois bénéficié du volet enfant et du volet parental ont développé une meilleure connaissance des nombres comparativement aux enfants ayant participé au programme sans l'implication de leurs parents, et ce, compte tenu des connaissances des nombres initiales des enfants. Toutefois, des résultats peu concluants ont été observés en comparant les enfants ayant bénéficié du volet parental (groupe expérimental) avec un deuxième groupe d'enfants ayant uniquement participé au volet enfant et dont les parents ne se sont jamais présentés aux ateliers auxquels ils s'étaient pourtant inscrits (groupe consentement-comparaison). Différents facteurs potentiels pouvant expliquer ces résultats sont discutés.

 

Boisjoli, R., & Vitaro, F. (2005). Quels sont les paramètres qui peuvent influencer l'efficacité des programmes d'entraînement aux habiletés sociales auprès d'enfants agressifs? Revue de Psychoéducation, 34(2), 331-354.

Les programmes d'entraînement aux habiletés sociales chez les enfants agressifs sont largement utilisés dans le cadre de programmes de prévention visant à contrer les risques de violence, de délinquance et de décrochage scolaire. L'efficacité de ces programmes est toutefois très variable. Ce texte passe en revue les paramètres susceptibles de favoriser ou de freiner les effets de ces programmes. Ceux-ci sont considérés comme des variables potentiellement modératrices pouvant affecter à la hausse ou à la baisse l'impact des programmes d'entraînement aux habiletés sociales. Certains paramètres se rapportent aux caractéristiques des participants ou aux caractéristiques de leur milieu de vie, alors que d'autres sont liés à l'intervention même. La conclusion fait ressortir l'importance de l'étude de ces variables afin d'améliorer les programmes d'entraînement aux habiletés sociales.

 

Bériault, M., & Larivée, S. (2005). Guérir avec l'EMDR: preuves et controverses. Revue de Psychoéducation, 34(2), 355-396.

L'EMDR est une thérapie qui a été développée pour traiter les souvenirs traumatiques, puis proposée pour traiter une variété de troubles psychologiques. Ce texte est le premier à recenser en français les études qui ont évalué l'efficacité de cette forme de thérapie. L'efficacité de l'EMDR est d'abord démontrée à l'aide d'études de cas qui comportent des limites importantes. Les études de cas basées sur un protocole expérimental donnent des résultats plus mitigés. Les études contrôlées qui examinent l'efficacité de l'EMDR sont ensuite décrites en fonction du type de contrôle exercé et du type de trouble traité. L'EMDR est aussi efficace que la thérapie cognitivo-comportementale pour traiter le trouble de stress post-traumatique, mais pas pour le traitement de la phobie spécifique ni du trouble panique. De plus, les études montrent de façon répétée que l'absence des mouvements oculaires ne modifie pas l'efficacité de l'EMDR. Une analyse des différences et des similitudes entre l'EMDR et l'approche cognitivo-comportementale est présentée. Les caractéristiques pseudo-scientifiques qui ont marquées le développement et la diffusion de l'EMDR sont aussi abordées.