Sommaire du vol. 55(2), 2026
Articles
Section thématique
Les relations avec les pairs de la période préscolaire à l’adolescence
Éditeurs délégués : Stéphane Cantin et François Poulin
Les relations avec les pairs au fil du développement : contextes, dynamiques et enjeux d’adaptation, 287-290.
St-Amand, A., Villeneuve, M.-P. et Turgeon, J. (2026). Trajectoires en protection de la jeunesse d’enfants québécois signalés pour comportements sexuels problématiques. Revue de psychoéducation, 55(2), 122-149.
Des proportions significatives d’enfants portés à l’attention des services de protection de la jeunesse (PJ) manifestent des comportements sexuels jugés problématiques (CSP). En sol québécois, les pratiques professionnelles auprès de cette clientèle sont en émergence et très peu de données permettent de décrire comment se déploient les services en contexte spécifique de PJ. La présente étude vise à documenter les trajectoires de services des enfants dont la présence de CSP a été consignée à leur dossier de même que les variations en fonction du sexe de l’enfant et de son âge au premier contact avec la PJ. L’échantillon est composé de 968 enfants ayant reçu au moins un service pour un comportement sexuel inapproprié et/ou de la violence sexuelle en protection de la jeunesse. Des analyses quantitatives ont été effectuées à partir de données administratives provenant de sept Directions de la protection de la jeunesse. En moyenne, les enfants sont âgés de 6,8 ans lors de leur premier contact avec la PJ, et de 9,8 ans lors de leur premier service pour CSP, la nature des CSP répertoriés étant majoritairement des comportements sexuels inappropriés. Les CSP surviennent généralement dans des situations complexes d’adversité où de nombreuses problématiques cohabitent. Une minorité d’enfants connaissent une récurrence des services pour CSP et la majorité des situations où l’on soupçonne la présence de CSP ne dépassent pas l’étape de rétention et de traitement du signalement. L’étude soulève l’importance de se doter de mécanismes et d’outils efficaces d’identification des CSP dans les situations portées à l’attention de la PJ.
Fermer la fenêtrePerrin-Plouffe, R., Lanctôt, N., Collin-Vézina, D., Côté, K., Couture, S., Lafortune, D., Pascuzzo, K., Turcotte, M. et Villeneuve, M.-P. (2026). Exploitation sexuelle des personnes mineures : leviers et barrières à l’utilisation des services psychosociaux. Revue de psychoéducation, 55(2), 150-176.
Souvent enracinée dans des parcours marqués par des violences subies dès l’enfance, il est reconnu que l’exploitation sexuelle engendre de graves répercussions chez les jeunes victimes. Malgré l’émergence de certaines initiatives de soutien et d’accompagnement, l’accès à des services psychosociaux demeure parsemé d’obstacles. L’objectif général de cette étude est de documenter les leviers et les barrières qui contribuent ou qui nuisent à une utilisation bénéfique des services psychosociaux par les jeunes victimes d’exploitation sexuelle ou à risque de l’être. Le modèle de Levesque et al. (2013) sur le processus d’utilisation des services est utilisé comme cadre d’analyse. Une étude de portée a été réalisée et 46 études qualitatives ont été répertoriées. Une augmentation notable des écrits scientifiques s’observe depuis 2019, reflétant une sensibilisation accrue pour la problématique d’exploitation sexuelle. Les résultats portent surtout sur les dimensions professionnelles et organisationnelles de l’offre de services. Plusieurs études décrivent l’expérience des jeunes victimes d’exploitation sexuelle dans le cadre des services psychosociaux reçus, de leur propre point de vue, celui d’adultes ayant vécu de l’exploitation sexuelle à l’adolescence, ou du point de vue relatif à divers prestataires de services. Cependant, peu d’études abordent les capacités de ces jeunes et de leurs familles à solliciter des services et à naviguer à travers ceux-ci. Des conclusions pratiques sont formulées en fonction des étapes du processus d’utilisation de services proposées par Levesque et al. (2013), en considérant l’interaction entre les caractéristiques des institutions et du personnel y travaillant (offre de services) et les caractéristiques des jeunes et de leur famille (demande de services).
Fermer la fenêtreI.-Molto, L. et F.-Dufour, I. (2026). Le rôle de la scolarisation et des formations professionnelles dans le(s) processus de désistement du crime. Revue de psychoéducation, 55(2), 177-201.
Alors que les recherches sur le désistement du crime se sont multipliées, peu d’études ont exploré en profondeur le rôle de la scolarisation et de la formation professionnelle dans ce processus. Cet article examine les liens perçus entre les parcours éducatifs et le désistement du crime à partir d’une analyse secondaire de 41 entrevues menées auprès de jeunes judiciarisés dans le cadre du projet (RÉ)SO 16-35. En mobilisant une typologie en cinq profils de trajectoires (convertis, repentants, rescapés, entre-deux, persisteurs), l’étude met en lumière que la scolarisation et la formation sont parfois perçues comme des leviers de transformation identitaire, sociale et quotidienne, favorisant l’agentivité, la sobriété et l’inclusion. Ces effets relèvent du désistement assisté, mais ne sont ni systématiques ni uniformes : pour certains, l’éducation agit comme un catalyseur du changement, tandis que pour d’autres, elle reste inaccessible, marginale ou sans impact significatif. Loin d’un modèle unique, les résultats soulignent la pluralité des usages et des significations attribuées à l’éducation dans les parcours de sortie du crime. L’article plaide pour une reconnaissance élargie des effets qualitatifs de l’éducation et pour des dispositifs pédagogiques sensibles aux réalités vécues des jeunes judiciarisés.
Fermer la fenêtreDaigle, S., Couture, C., Bolduc, S., Termidor, G., Martel, L. et Grenier, C. (2026). Enjeux identitaires liés à la pratique contemporaine de la psychoéducation : accompagnement clinique, évaluation psychoéducative et exercice du rôle-conseil. Revue de psychoéducation, 55(2), 202-228.
Dans un contexte de diversification croissante des milieux d’intervention, la profession de psychoéducateur et de psychoéducatrice au Québec est confrontée à des enjeux identitaires majeurs. Dans cette perspective, le présent article a pour objectif de faire état des rôles, des mandats, des tâches et des conditions d’exercice associés aux trois principaux champs d’activités professionnelles : l’accompagnement clinique, l’évaluation psychoéducative et le rôle-conseil. À partir d’un devis mixte séquentiel explicatif (QUAN → QUAL), les résultats montrent une pratique plurielle, fortement influencée par le secteur d’exercice. Les données quantitatives (n = 941) indiquent que l’accompagnement clinique est le champ le plus mobilisé (79,9 %), suivi de l’évaluation psychoéducative (71,4 %) et du rôle-conseil (65,7 %). Toutefois, la répartition du temps-travail et la nature des mandats varient significativement selon les secteurs de pratique. Les données qualitatives (n = 27) mettent en lumière des tensions identitaires liées à la définition floue des rôles, à l’attribution non formalisée des mandats et à des conditions contraignantes d’exercice. L’évaluation psychoéducative est valorisée pour sa spécificité, mais entravée par des contraintes organisationnelles. Le rôle-conseil soulève des enjeux relationnels et de légitimité, tandis que l’accompagnement clinique fondé sur l’usage du vécu partagé est souvent difficile à maintenir. Ces constats soulignent l’urgence de renforcer les mécanismes de soutien à l’identité professionnelle, par une concertation accrue entre l’Ordre professionnel, les gestionnaires et les milieux de pratique.
Fermer la fenêtreLarochelle-Courchesne, C., Paul, M. et Lemire, C. (2026). Fidélité interjuges de la grille d’observation de la communication sociale de l’ÉIS-3 à l’aide de vidéos. Revue de psychoéducation, 55(2), 229-252.
La vulnérabilité des enfants, notamment sur le plan langagier, tend à augmenter au Québec. Compte tenu des impacts des difficultés langagières sur le développement des jeunes enfants, il importe de soutenir leur développement langagier avant l’entrée à l’école. Un outil pertinent pour apprécier les besoins développementaux des enfants est le Programme ÉIS-3 Évaluation, intervention et suivi (ÉIS-3; Bricker et Johnson, 2023), habituellement utilisé pour une évaluation en présence de l’enfant. Toutefois, le contexte de la pandémie de COVID-19 a mis en lumière le besoin d’évaluer à distance. Cette étude vise à explorer la fidélité interjuges de la grille d’observation de la communication sociale de l’ÉIS-3 lorsqu’elle est cotée à l’aide de vidéos. Plus précisément, cette recherche s’attarde au degré d’accord global, de chaque catégorie de réponses et de chaque item de la grille, entre trois évaluatrices. L’échantillon est de 35 enfants âgés de 18 mois à 5 ans. Des analyses de Kappa de Fleiss ont été réalisées. Les résultats indiquent un taux d’accord global substantiel et significatif (kf = 0,72) et des taux d’accord selon les catégories de réponses qui varient entre 0,62 et 0,79. Pour la majorité des items (23 sur 33), les taux d’accord sont de modérés à substantiels. L’utilisation de vidéos pour réaliser la cotation de la grille d’observation de la communication sociale de l’ÉIS-3 semble une avenue prometteuse dans un contexte où le besoin d’outils d’évaluation à distance, validés de façon psychométrique, se fait de plus en plus ressentir.
Fermer la fenêtreCharlebois, G., Lafantaisie, V. et T. Hébert, S. (2026). Construire la confiance pour coconstruire la connaissance : une recherche-action participative avec des adolescentes placées en centre de réadaptation. Revue de psychoéducation, 55(2), 253-286.
Au Québec, la Loi sur la protection de la jeunesse (LPJ) détermine les conditions et les modalités de soutien aux mineurs en situation de vulnérabilité, notamment ceux exposés à l’exploitation sexuelle. Bien que leur protection soit assurée par diverses mesures, dont le placement en centre de réadaptation pour jeunes en difficulté d’adaptation (CRJDA), la voix des jeunes demeure peu prise en compte dans le développement des interventions qui leur sont offertes. Cette situation illustre une tension persistante entre les principes de protection et les droits à la participation, tels que reconnus à l’article 12 de la Convention relative aux droits de l’enfant (Mitchell et al., 2023; Ruiz-Casares et al., 2017). Dans l’optique de les remettre au cœur de l’intervention, une recherche-action participative avec les jeunes (RAP-J) a été menée avec cinq adolescentes de 14 à 17 ans, hébergées en CRJDA et ayant vécu ou étant à risque d’exploitation sexuelle. Celles-ci se sont penchées sur le développement d’une trajectoire de services adaptée aux jeunes aux prises avec cette réalité. C’est dans le contexte de ce développement d’intervention que repose les objectifs de cet article, soient : 1) identifier les conditions facilitantes et les obstacles rencontrés lors de la mise en œuvre de cette RAP-J et 2) documenter les répercussions de la participation à ce type de démarche de recherche sur les jeunes participantes. Les résultats de la recherche montrent que, malgré les barrières institutionnelles ainsi que les résistances de certaines équipes éducatives, la RAP-J constitue un levier prometteur pour favoriser leur pouvoir d’agir et leur participation. Cette participation a été rendue possible grâce au respect du rythme de chacune tout au long de la démarche de recherche, à la mise en place d’un environnement sécurisant et au rétablissement du pouvoir pour favoriser une plus grande égalité. La création d’un espace d’expression en dehors des cadres institutionnels habituels a permis aux participantes de réaffirmer leur voix, de contribuer à l’amélioration des pratiques et de reprendre du pouvoir sur les enjeux qui les concernent. Ces constats soulignent la pertinence de créer des espaces de participation où la parole des jeunes est véritablement reconnue comme une source crédible de savoir et d’action dans le développement des interventions en CRJDA.
Fermer la fenêtreVitaro, F., Brendgen, M., Ouellet-Morin, I., Dionne, G. et Boivin, M. (2026). Liens entre la délinquance des amis et la délinquance des adolescents : une perspective génétiquement contrôlée. Revue de psychoéducation, 55(2), 291-314.
Les études longitudinales menées auprès d’un seul enfant par famille (c.-à-d. des singletons) indiquent généralement qu’une exposition à des amis déviants est significativement associée à une augmentation ultérieure des comportements délinquants à l’adolescence. Toutefois, ce type de devis ne permet pas de contrôler adéquatement l’ensemble des variables familiales confondantes, notamment les influences génétiques potentielles. La présente étude recourt à un modèle à décalage croisé afin d’examiner si la délinquance des amis à 13 et 15 ans prédit une escalade de la délinquance chez les participants entre 13 et 15 ans, puis entre 15 et 17 ans. L’échantillon est composé de 180 paires de jumeaux monozygotes et de 145 paires de jumeaux dizygotes de même sexe issus de l’Étude longitudinale des jumeaux du Québec. Deux séries d’analyses ont été réalisées. Dans la première, les liens bidirectionnels entre la délinquance rapportée chez les amis et la délinquance autodéclarée d’un seul jumeau par paire ont été examinés, les jumeaux étant alors considérés comme des singletons. Dans la seconde, la même analyse a été répétée à partir des différences intra-paires, ce qui permet de contrôler les influences familiales partagées, y compris les effets génétiques potentiels. Les résultats suggèrent que l’influence apparente des amis observée dans les études de singletons serait en réalité attribuable à des facteurs génétiques communs sous-tendant à la fois la délinquance des adolescents et celle de leurs amis.
Fermer la fenêtreBouchard, R., Cantin, S., Huỳn, C. et Fallu, J.-S. (2026). Quand la popularité perçue et les habitudes de consommation des amis façonnent la consommation de substances au début de l’adolescence. Revue de psychoéducation, 55(2), 315-340.
Pour expliquer la consommation de substances psychoactives à l’adolescence, des études ont tenté de mettre en évidence les contributions respectives de la popularité perçue et des effets de socialisation au sein du groupe d’amis. En revanche, peu d’études se sont intéressées à la façon dont la popularité perçue des élèves et les effets de socialisation se conjuguent pour prédire les habitudes ultérieures de consommation. La présente étude vise à examiner les liens longitudinaux entre la popularité perçue des adolescents, la fréquence de consommation de substances de leurs amis (c.-à-d., cigarettes, alcool, cannabis) et l'évolution de leur propre consommation au début de l’école secondaire. L’échantillon regroupe 623 adolescents (50 % filles) recrutés dans des écoles publiques de statut socioéconomique défavorisés de Montréal. Les participants ainsi que leurs amis ont rapporté leur propre fréquence de consommation de substances, tandis que les camarades de classe ont évalué la popularité perçue des participants. Les résultats montrent que la popularité perçue contribue à prédire une augmentation de la consommation au fil du temps pour chacune des trois substances. Pour la cigarette et le cannabis, les niveaux de consommation des amis y contribuent également de manière additive. Par ailleurs, on constate un effet d’interaction entre la popularité perçue des élèves et la consommation de substances des amis lorsqu’il s’agit de prédire la consommation ultérieure de cigarettes; les élèves populaires s’avèreraient plus sensibles que les autres à l’influence présumée des amis. Ces résultats soulignent la nécessité de cibler la popularité perçue et les dynamiques sociales au sein du groupe de pairs dans les stratégies de sensibilisation et de prévention chez les adolescents, particulièrement en milieu scolaire défavorisé.
Fermer la fenêtreBoutin, S., Lavoie, C.-É., Martin-Storey, A. et Paquette, G. (2026). Les attitudes fondées sur le genre sont-elles associées au recours à l’agression relationnelle à l’adolescence? Revue de psychoéducation, 55(2), 341-363.
L'agression relationnelle se manifeste par des comportements qui impliquent la manipulation de pairs dans l’intention de blesser ou de nuire aux relations sociales d’une victime. Les études visant à comprendre le recours à cette forme d’agression ont principalement porté sur les facteurs individuels, familiaux ou liés aux pairs, en particulier sur la popularité, laissant de côté certains facteurs plus distaux (p. ex., les normes culturelles). La présente étude explore donc le rôle de l’adhésion aux stéréotypes de genre et au sexisme dans l'utilisation de l’agression relationnelle, tout en tenant compte de la motivation à être populaire. Au total, 244 élèves (56,1 % de filles; m âge = 15,8 ans) de la Montérégie au Québec ont participé à cette étude dans laquelle des mesures d'auto-évaluation ont été utilisées. En tenant compte de la motivation à être populaire, de l'âge, du genre et du revenu familial, les analyses de régression montrent qu’une plus forte adhésion aux stéréotypes de genre et au sexisme est positivement associée à une utilisation plus fréquente d’agression relationnelle. Un effet de modération significatif montre en outre que les attitudes sexistes sont plus fortement associées à l’agression relationnelle chez les élèves qui cherchent à être populaires. Ainsi, si la prise en compte du désir de popularité chez les jeunes reste très importante pour la prévention de l’agression relationnelle, des interventions abordant les stéréotypes de genre et le sexisme pour promouvoir la tolérance à l'égard des différences individuelles seraient potentiellement bénéfiques.
Fermer la fenêtreVéronneau, M.-H., Cimon-Paquet, C., Proulx, É., Chatelois, M., Plante, I. et Recchia, H. (2026). Usage accru et symptômes de dépendance aux médias sociaux durant l’adolescence : le rôle protecteur de la qualité des amitiés. Revue de psychoéducation, 55(2), 364-385.
À l’adolescence, les médias sociaux offrent des occasions d’interactions bénéfiques, mais peuvent aussi exposer les jeunes à un risque de dépendance en cas d’usage excessif. Le confinement lié à la pandémie de COVID-19 constitue un contexte où ces plateformes ont permis de maintenir des liens d’amitié, tout en accentuant le risque de dépendance. Cette étude réalisée durant le confinement de la première vague pandémique a permis d’examiner si la qualité des amitiés, évaluée avec des mesures d’intimité et de sécurité affective, offrait une protection face à l’association entre l’augmentation de l’usage des médias sociaux et les symptômes de dépendance. Les différences de genre ont également été explorées. Ainsi, 247 élèves de cinquième secondaire (168 filles, 76 garçons; âge moyen de 17 ans) provenant d’écoles publiques (47,8 %) et privées (52,2 %) de la région montréalaise ont rempli un questionnaire portant sur leur usage des médias sociaux avant et pendant le confinement, leurs symptômes de dépendance envers les médias sociaux, ainsi que la qualité de leurs amitiés. Des analyses de régression montrent qu’un usage accru des médias sociaux est associé à des symptômes de dépendance plus élevés. Aussi, l’intimité des amitiés exerce un effet protecteur spécifiquement chez les filles, alors que la sécurité des amitiés ne joue pas de rôle protecteur. Ces résultats soulignent l’importance de miser sur les relations amicales de qualité à l’adolescence pour prévenir la dépendance aux technologies numériques. Davantage de recherches sont requises pour mieux comprendre l’expérience des garçons dans l’univers numérique afin de soutenir leur résilience.
Fermer la fenêtreOlivier, E., Bowen, F., Gavrila S. E., et Borisova, M. (2026). Associations prospectives et transactionnelles entre la victimisation perçue par l’élève, les pairs et l’enseignant. Revue de psychoéducation, 55(2), 385-414.
En départageant les aspects chroniques et changeants de la victimisation par les pairs, cette étude se penche sur les interrelations longitudinales entre les perceptions auto-rapportées des élèves, celles des pairs et celles des enseignants. Un échantillon composé de 2 009 élèves (48,8 % filles) de la troisième à la sixième année du primaire a été sondé à quatre reprises au cours de deux années scolaires. Les perceptions des gestes d’agression subis ont été rapportées par les élèves et les enseignants à l’aide de questionnaires, et celles du groupe de pairs par nominations sociométriques. Des analyses de panel à décalage croisé avec intercepts aléatoires ont été réalisées. Au niveau des états chroniques, les résultats démontrent un accord modéré entre les perceptions des élèves et des deux autres informateurs, comparativement à un accord plus fort entre pairs et enseignants. Au niveau des états changeants, les résultats démontrent un entraînement, et donc une accentuation, de la victimisation au fil du temps, particulièrement au cours des mêmes années scolaires et selon les perceptions auto-rapportées. La victimisation auto-rapportée à un moment était également associée à un niveau accru de victimisation rapportée par les deux autres sources au moment subséquent. De même, les perceptions des enseignants étaient associées à des perceptions de niveaux plus élevés de victimisation selon les pairs, mais moins élevés selon les élèves. En conclusion, les perceptions auto-rapportées des élèves occupent une position centrale dans la dynamique des perceptions des autres évaluateurs. La reconnaissance des situations d’intimidation par les enseignants semble une avenue préventive prometteuse.
Fermer la fenêtreDesmarais, C., Poulin, F. et Cantin, S. (2026). Antipathies mutuelles et fonctionnement social en maternelle : considérer la stabilité et le changement dans la composition des dyades.. Revue de psychoéducation, 55(2), 415-433.
L’objectif de cette étude consiste à déterminer si les enfants de différents profils d'évolution des antipathies mutuelles se distinguent sur le plan du fonctionnement social. L'échantillon est composé de 1579 enfants de maternelle (53 % filles). Les antipathies mutuelles ainsi que le fonctionnement social (agressivité physique, victimisation, hyperactivité et prosocialité) ont été mesurés à l’aide d'entrevues sociométriques conduites en automne et au printemps de la même année scolaire. En fonction des changements observés à travers le temps quant au nombre et à la stabilité des relations d’antipathies entretenues, les participants ont été répartis selon cinq profils, Absence, Décroissance, Croissance, Instable et Stable. Une série d’ANCOVA à mesure répétée avec contrastes à priori a révélé que les enfants des divers profils diffèrent sur le plan de l’agressivité, de la victimisation et de l’hyperactivité. Les enfants du profil Stable (ceux ayant un minimum d'une antipathie mutuelle aux deux temps de mesure avec le même pair) présentent les scores d'agressivité physique les plus élevés. De plus, les enfants du groupe Stable sont plus victimisés et les filles de ce profil plus hyperactives que leurs semblables des autres profils. Ces résultats suggèrent que ce n’est pas tant l’implication dans les relations d’antipathie, mais bien la récurrence de cette implication au fil du temps avec les mêmes pairs qui est susceptible de compromettre le développement social et affectif des enfants.
Fermer la fenêtrePaquette, D. (2026). Perspectives évolutionnistes de la compétition et de la coopération chez les enfants d’âge préscolaire. Revue de psychoéducation, 55(2), 434-464.
L’article fait d’abord une synthèse des connaissances actuelles sur les facteurs associés à la compétition et à la coopération chez les enfants de moins de six ans, pour ensuite discuter de leurs fonctions adaptatives selon quelques concepts évolutionnistes de la sociobiologie (théorie du gène égoïste, sélection de parentèle, altruisme réciproque, sélection sexuelle, théorie de l’histoire de vie). Les enfants ont très tôt des prédispositions pour partager, mais ils sont fondamentalement égoïstes dans un contexte de ressources limitées. La coopération est une stratégie de compétition permettant d’accéder à davantage de ressources sur le long terme. Bien que les garçons manifestent souvent un plaisir intense à compétitionner, surtout en groupes, les filles sont autant compétitives qu’eux, mais de manière moins risquée, préférant la conciliation dans des relations dyadiques. L’auteur tire la conclusion que la compétition et la coopération chez l’humain résultent de l’interaction entre l’évolution biologique et l’évolution culturelle.
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