Sommaire du vol. 44(2), 2015
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Beaulieu, G., Denault, A.-S., Verlan, P. et Déry, M. (2015). L’intimidation subie et l’adaptation psychosociale à l’école primaire: effet modérateur de la participation à des activités de loisir organisées. Revue de psychoéducation, 44(2), 197-218.
L’intimidation subie est un phénomène fréquent dans les écoles primaires nord-américaines et est associée à plusieurs effets néfastes sur l’adaptation des élèves. Cette étude examine les liens de prédiction entre l’intimidation subie et les problèmes de comportement intériorisés et extériorisés chez les élèves du primaire de milieux défavorisés. Elle examine également l’effet modérateur de la participation à des activités de loisir organisées sur ces liens. Pour ce faire, 394 élèves (Mage = 7.84; 51 % filles) ont été suivis à deux temps de mesure à une année d’intervalle. Les variables à l’étude ont été mesurées à l’aide de questionnaires complétés par le parent principal de l’enfant et les enseignants. Après avoir contrôlé pour l’adaptation antérieure des participants et le revenu familial, les résultats montrent que l’intimidation subie prédit une augmentation des problèmes intériorisés et extériorisés un an plus tard. De plus, l’intimidation subie prédit une augmentation des problèmes intériorisés seulement chez les élèves qui ne participent pas à des activités de loisirs organisées. Cette étude contribue à l’avancement des connaissances notamment en considérant un échantillon d’élèves à risque et en examinant l’effet modérateur de la participation à des activités de loisir organisées. Elle souligne également l’importance de sensibiliser les milieux scolaires à l’impact potentiellement positif de la participation à ce type d’activités chez les élèves victimes d’intimidation.
Fermer la fenêtreBoucher-Gagnon, M. et des Rivières, C. (2015). Le regard des mères sur les attitudes, les compétences et les connaissances sur le TSA du personnel scolaire qui influencent l’intégration en classe ordinaire de leur enfant présentant un TSA, Revue de psychoéducation, 44(2), 219-244.
À ce jour au Québec, aucune étude n’a porté sur l’expérience des parents concernant l’intégration scolaire en classe ordinaire de leur enfant ayant un TSA. Il s’agit d’une limite importante des connaissances, surtout dans le contexte où le gouvernement souhaite être ouvert à l’expertise des parents. L’objectif de cette étude est donc d’analyser plus en profondeur, à partir des propos de 18 mères, ce qui, selon elles, a influencé le déroulement de l’intégration scolaire de leur enfant présentant un TSA. Les résultats obtenus montrent que les attitudes, les compétences et les connaissances à propos du TSA de la part du personnel scolaire sont déterminantes, selon les mères, dans l’intégration de leur enfant. Les conclusions suggèrent également que, toujours selon les mères, le personnel scolaire a de la difficulté à s’adapter à leur nouvelle réalité d’intégrer des élèves avec des besoins particuliers.
Fermer la fenêtreLavergne, C., Hélie, S. et Malo, C. (2015). Exposition à la violence conjugale : profil des enfants signalés et réponse aux besoins d’aide des familles, Revue de psychoéducation, 44(2), 245-268.
La présente étude porte sur le profil des enfants exposés à la violence conjugale signalés aux services de protection de la jeunesse du Québec ainsi que sur la réponse aux besoins d’aide des familles. Elle vise à apporter un éclairage nouveau en distinguant l’exposition à la violence conjugale physique et psychologique de même qu’en incluant des formes directes et indirectes de l’exposition à la violence conjugale physique. L’étude repose sur l’utilisation d’un échantillon représentatif des enfants de moins de 18 ans dont le signalement pour maltraitance ou troubles de comportement a été évalué par les intervenants de la DPJ dans les seize centres jeunesse du Québec. Les résultats font ressortir la lourdeur des situations; l’exposition à la violence conjugale se présente le plus souvent en cooccurrence avec d’autres formes de maltraitance de même qu’avec d’autres difficultés de fonctionnement chez les parents. Les enfants exposés sont également plus jeunes. La situation semble particulièrement complexe dans les cas d’exposition à la violence conjugale psychologique. Le fait que la majorité des familles où il y a violence conjugale ne soit pas référée à des services sociaux adaptés à cette problématique est préoccupant. L’intervention auprès de ces familles nécessite que soit pris en compte non seulement les besoins des enfants, mais également ceux reliés à la victimisation des mères et à la violence du conjoint.
Fermer la fenêtreBisaillon, C., Bureau, J.-F. et Moss, E. (2015). Attachement et adaptation psychosociale chez des enfants hébergés en centre jeunesse,Revue de psychoéducation, 44(2), 269-288.
Vingt-sept enfants hébergés par un centre jeunesse de la région de Montréal ont participé avec leur figure d’attachement principale à une étude visant à examiner les liens entre l’attachement, l’adaptation psychosociale et différents facteurs de risque. Le protocole d’évaluation comportait des données sociodémographiques, des mesures de psychopathologie et de dissociation liées à la figure d’attachement principale, l’historique de placements et des services en protection et différentes mesures de problèmes d’adaptation chez l’enfant (problèmes généraux, problèmes intériorisés, problèmes extériorisés, problèmes sociaux et symptômes de dissociation). Les Récits d’attachement (Solomon, George et De Jong, 1995) ont été administrés aux enfants afin d’évaluer leurs représentations d’attachement. Les analyses n’ont pas révélé d’effet principal de l’attachement de l’enfant sur son adaptation, mais un effet modérateur de l’attachement sur le lien entre les facteurs de risque et les problèmes généraux d’adaptation a été démontré. En effet, les problèmes généraux d’adaptation augmentent de pair avec l’élévation du risque contextuel, mais seulement chez les enfants présentant des représentations d’attachement désorganisées. Les résultats de cette étude appuient l’importance de procéder à des évaluations rigoureuses des enfants hébergés par les systèmes de protection afin de documenter leur adaptation psychosociale, leur statut représentationnel d’attachement et leur trajectoire de maltraitance et de placements, en vue de leur offrir des interventions appropriées.
Fermer la fenêtreRivard, M., Mercier, C., Morin, M. et Lépine, A. (2015). Le point de vue de parents d’enfants présentant un trouble du spectre de l’autisme en regard d’un programme public d’intervention comportementale. Revue de psychoéducation, 44(2), 289-316.
L’intervention comportementale intensive (ICI) est implantée depuis 2003 dans les services publics québécois destinés aux enfants de 2 à 5 ans ayant un trouble du spectre de l’autisme. Ce choix a été fait sur la base de l’avis d’experts et des données probantes à l’effet que l’ICI représente l’intervention la plus efficace pour les jeunes enfants ayant ce type de trouble. Bien que les effets de l’ICI soient largement documentés, la perception des familles quant aux services d’ICI reçus demeure peu étudiée. À partir d’entretiens effectués auprès de 52 familles, le point de vue des parents concernant les services d’ICI a été abordé selon trois dimensions : l’appréciation générale, les effets perçus sur l’enfant et la famille ainsi que le niveau de satisfaction. Les données ont été recueillies à partir de questions ouvertes, d’un questionnaire structuré et de l’Échelle de satisfaction des services (CSQ-8). Les parents participants rapportent que l’équipe d’intervention, les modalités d’intervention ainsi que le contenu de l’intervention des services ICI sont les principaux points forts des services évalués. Des améliorations pourraient néanmoins être apportées à certaines modalités de dispensation des services, ainsi qu’à l’accessibilité, aux mouvements de personnel et à l’implication des parents. Tous les parents, sauf un, rapportent des effets positifs chez l’enfant, notamment sur les plans de la communication, du fonctionnement cognitif et des aspects sociaux. Les services ont aussi des effets sur le bien-être des parents, leurs habiletés parentales et la vie quotidienne familiale. Plus de 95 % des répondants se sont déclarés satisfaits ou très satisfaits des modalités du programme ICI. Le niveau général de satisfaction est également très élevé.
Fermer la fenêtreMaltais, C. et Normandeau, S. (2015). Le parcours scolaire des enfants victimes de maltraitance parentale : recension d’études entre 2007 et 2014, Revue de psychoéducation, 44(2), 317-350.
La maltraitance parentale est un facteur reconnu pour compromettre la sécurité et le développement des enfants et des adolescents, dont le parcours à l’école. L’objectif de cette recension est de faire état des travaux de recherche menés entre 2007 et 2014 qui documentent le parcours scolaire des enfants victimes de maltraitance et qui identifient les facteurs pouvant faire l’objet d’intervention préventive pour soutenir la réussite scolaire. Les constats qui émergent de ces travaux font ressortir que, dès les premières années du primaire, les enfants victimes de maltraitance sont susceptibles d’éprouver des difficultés en lecture et en mathématiques, lesquelles peuvent s’aggraver avec le temps. Pour plusieurs, ces difficultés sont prédites avant même l’entrée à la maternelle par des retards dans l’acquisition des habiletés préscolaires. En classe, les enfants victimes de maltraitance ont des difficultés cognitives, émotionnelles et comportementales qui entravent leurs capacités à gérer efficacement les situations d’apprentissage et à réussir à l’école. Enfin, des interventions pourraient cibler les parents ou les familles d’accueil afin de les aider à mieux soutenir les apprentissages des enfants et favoriser le développement des caractéristiques bénéfiques à la gestion efficace et autonome des apprentissages scolaires.
Fermer la fenêtreRoskam, I. (2015). Accompagner les enfants dits « difficiles » en milieu scolaire, Revue de psychoéducation, 44(2), 351-381.
L’agitation, l’impulsivité, l’opposition, la provocation, l’agressivité et l’instabilité émotionnelle sont des comportements externalisés typiques des enfants d’âge préscolaire et scolaire. Lorsqu’ils sont fréquents et intenses, les enseignants les jugent « difficiles » car ils sont de nature à entraver les apprentissages de l’enfant ainsi que son intégration sociale auprès du groupe de pairs. L’épidémiologie des troubles externalisés est telle que la plupart des enseignants y sont régulièrement confrontés. Beaucoup d’entre eux se sentent pourtant démunis face à ce type d’enfants. Certains éprouvent un sentiment d’incompétence, d’autres s’engagent au contraire dans une quête ininterrompue de solutions qui les amènent parfois à sortir de leur rôle. Le protocole d’accompagnement proposé dans cette contribution s’inscrit dans le cadre conceptuel de la psychopathologie du développement et a pour but de fournir une série de 12 étapes successives qui amènent l’enseignant à prendre un rôle actif, à s’entourer de « co-éducateurs » du milieu scolaire et du milieu familial, à se centrer sur un nombre limité d’objectifs opérationnels, et à évaluer la portée de son intervention auprès de l’enfant. Le protocole vise encore à instaurer cet accompagnement au niveau de l’établissement scolaire afin d’augmenter la consistance et l’efficacité de la démarche.
Fermer la fenêtreTazouti, Y., Tarabulsy. et Jarlégan, A. (2015). Sentiment de compétence parentale et implication dans la scolarité de l’enfant : approche multidimensionnelle. Revue de psychoéducation, 44(2), 383-403.
L’objectif de cette recherche est d’examiner l’effet médiateur joué par le sentiment de compétence parentale et par l’implication parentale dans la scolarité de l’enfant entre le niveau d’éducation de la mère et les performances scolaires de l’enfant. En adoptant une approche multi-dimensionnelle, un modèle en pistes causales mets en relation les différentes variables de l’étude. La recherche a porté sur 227 mères et leurs enfants scolarisés en CE1 ou CE2 (deuxième et troisième année de l’enseignement obligatoire) dans 6 écoles différentes. Les résultats confirment partiellement l’hypothèse principale de l’effet médiateur du sentiment de compétence parentale et de l’implication parentale dans la scolarité de l’enfant. En effet, des liens directs et indirects entre le niveau d’éducation de la mère et les performances scolaires de l’enfant ont été observés. Par ailleurs, l’absence liens entre certaines dimensions de l’implication parentale et les performances scolaires de l’enfant sont discutés.
Fermer la fenêtreCoutu, J., Meilleur, D. et Lafortune, D. (2015). La délinquance et la victimisation officielle caractérisant une cohorte de 1429 adolescents auteurs d’agression sexuelle, Revue de psychoéducation, 44(2), 405-424.
Plus de la moitié des délinquants sexuels adultes admettent avoir commis un premier délit de nature sexuelle avant l’âge de 18 ans. De plus, comme les adolescents sont responsables de près de 30 % des agressions sexuelles déclarées, il importe de mieux connaître leurs caractéristiques. La présente étude a pour objectif de décrire une cohorte regroupant tous les adolescents québécois reconnus coupables d’un délit sexuel entre 2005 et 2010 (n = 1429). Des analyses descriptives (moyennes, médianes, écarts-types) ont été effectuées à partir de données portant sur les caractéristiques sociodémographiques, les comportements délinquants et les actes de maltraitance subis. Les résultats indiquent qu’en moyenne les adolescents auteurs d’agression sexuelle (AAAS) québécois ont commis un premier délit sexuel à l’âge de 14,5 ans (E-T = 1,6). Les paramètres de la délinquance permettent de distinguer trois profils : les jeunes n’ayant commis qu’un délit (52,8 %), ceux ayant une délinquance peu variée et volumineuse (de 2 à 10 délits; 35,8 %) et ceux ayant une délinquance variée, intense et persistante (environ 5 %). De plus, les AAAS commettent principalement des délits à caractère violent (Moy = 2,6 délits violents par jeune; E-T : 2,6). Sur le plan de la victimisation, un peu plus de huit jeunes sur dix (82 %) ont été signalés à la Direction de la Protection de la Jeunesse (DPJ). Ce portrait a été tracé à l’aide des délits et des signalements répertoriés dans la base de données des Centres Jeunesses. Ces données ne peuvent rendre compte de la délinquance cachée ou de la maltraitance qui ne sont pas portées à l’attention des intervenants sociaux.
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